Le ministre belge de la Coopération au développement, Jean-Pascal Labille, a implicitement appelé mardi le président congolais Joseph Kabila à respecter la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) et à ne pas briguer de troisième mandat à la tête du pays, joignant ainsi sa voix à celle du chef de la diplomatie américaine, John Kerry.
"Sinon, à quoi sert-il d'écrire une Constitution", a ajouté M. Labille, parlant de "règles de base que nous devons respecter. "Et ce sont ces règles-là qui nous permettront de contribuer au développement socio-économique" du pays, a-t-il fait valoir.
La Constitution congolaise, adoptée par référendum en décembre 2005, interdit au président d'exercer plus de deux mandats d'affilée. Mais nombre d'opposants soupçonnent le clan présidentiel de vouloir modifier la loi fondamentale pour permettre à M. Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de l'expiration de son second mandat, en décembre 2016.
En visite à Kinshasa, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, avait exhorté dimanche le chef de l'Etat congolais à quitter le pouvoir à l'issue de son second quinquennat, "Nous avons des limitations des mandats dans notre pays, nous avons vécu ce processus pendant des siècles et nous encourageons d'autres pays à respecter leur constitution", avait dit le chef de la diplomatie américaine.
Son émissaire spécial pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, avait été encore plus explicite. "Nous ne voulons pas" que M. Kabila change la Constitution ou fasse un troisième mandat, avait-t-il expliqué devant quelques journalistes,
Âgé de 42 ans, M. Kabila est arrivé au pouvoir en 2001 par voie successorale après l'assassinat de son père, le rebelle Laurent-Désiré Kabila, qui avait déposé par les armes le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997.
Élu chef de l'Etat en 2006 à l'occasion des premières élections libres du Congo indépendant, M. Kabila s'est maintenu à la présidence pour un second mandat de cinq ans de plus en 2011 à l'issue d'un scrutin contesté par l'opposition et la communauté internationale.
Tout en rappelant le caractère "intangible" des frontières congolais, M. Labille a d'autre part, appelé la RDC et le Rwanda - souvent à coûteux tirés par milices interposées - à s'entendre car ils "resteront voisins qu'on le veuille ou non".
Le ministre a néanmoins déploré certaines lenteurs du côté congolais, notamment en ce qui concerne la Communauté économique des pays des Grands lacs (CEPGL) - un embryon de "marché commun" rassemblant la RDC, le Rwanda et la Burundi - qui a nombre de projets régionaux dans ses cartons.
"J'aimerais que cela aille parfois plus vite en RDC", a-t-il dit, en déplorant que bien peu de décisions n'aient été prises ces derniers mois à Kinshasa.









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